11 / 12 2014

Remise des Prix Saint-Christophe du Jeune compositeur 2014

Le 10 décembre 2014 s’est tenue la cérémonie de remise des prix Saint-Christophe du Jeune Compositeur. Près de 150 invités ont assisté à cette soirée musicale originale et de haute qualité.

Le Prix du Jury, présidé par Eve Ruggieri, et le Prix du Public ont été remis aux deux lauréats, respectivement  Raphaël Languillat et Léo Collin, auteurs de « Ascension des âmes vers l'Empyrée céleste » et de « Hierusalem ».
Les trois autres finalistes, Nigji Sanges, Mathias Berthod, et Julien le Hérissier, ont également gagné le Prix du Jeune Compositeur. Leur œuvre sacrée inédite pour chœur mixte a cappella a été interprétée par l’Ensemble vocal « Les Métaboles »,  sous la Direction musicale de Léo Warynski. Elles seront prochainement diffusées sur RCF, partenaire de l’événement.

Engagée auprès de ses sociétaires acteurs du monde de l’économie solidaire, la Mutuelle Saint-Christophe assurances a créé, cette année ce Prix musical dans le prolongement des Trophées de l’Engagement. L’objectif est de soutenir ses sociétaires et partenaires de l’économie solidaire dans leurs projets au-delà de l’assurance.

Le Jury

Présidé par Eve Ruggieri, il est composé de personnalités du monde de la musique et d’administrateurs de la Mutuelle : Edith Canat de Chizy et Yann Robin, compositeurs ; Antoine Gindt, directeur de T&M et conseiller artistique au festival Musica de Strasbourg ; Valérie Philippin, chanteuse et spécialiste de la Voix et traitement de la voix ; Fernand Girard, Vice-Président de la Mutuelle Saint-Christophe ; Henri Brischoux, Directeur Général de la Mutuelle et François Tois, ancien Directeur général de la Mutuelle.

Prix du Jury : RAPHAEL LANGUILLAT

Né au Maroc en 1989, il étudie le droit franco-allemand puis se consacre en 2010 à la composition en intégrant la classe de Daniel D’Adamo et en obtenant une licence de musicologie au CRR et à l’Université de Reims. Il reçoit les conseils de Philippe Manoury lorsqu’il participe à l’académie Manifeste 2012 à l’IRCAM. Il participe à la session de composition Voix Nouvelles 2014 à Royaumont et est sélectionné pour l’académie Impuls 2015 à Graz. Il poursuit actuellement ses études en Master à la Hochschule für Musik und Darstellende Kunst Frankfurt sous la direction de Gerhard Müller-Hornbach et Orm Finnendahl. Ses oeuvres ont été jouées par les quatuors Arditti et Mivos, les Neue Vocalsolisten Stuttgart et les ensembles l’Instant donné, Accroche Note et hand werk.
NOTES SUR SA PIÈCE « ASCENSION DES ÂMES VERS L’EMPYRÉE CÉLESTE »
Le texte latin du Psaume 137 a été décomposé afin d’une part, de bâtir une échelle de voyelles pour des vocalises, et d’autre part, de recomposer certains mots-clefs appartenant au texte latin de la Messe des Morts. Par la thématique de l’oeuvre composée, le sens principal du psaume Super flumina Babylonis – en tant qu’élégie funèbre et voyage vers l’inconnu – a été conservé. L’allusion aux fleuves de Babylone a également été respectée – l’oeuvre se déployant de manière continue et fluide, de la même manière que l’élément aquatique –, mais contrairement au texte initial qui fait finalement appel à la vengeance, c’est le cheminement et l’ouverture vers la lumière qui guide L’Ascension des âmes vers l’Empyrée céleste.

Prix du Public : LÉO COLLIN

Après des études d’arts appliqués lié à une activité de guitariste,Léo s’est destiné par la suite pour la musique classique. Il étudia au conservatoire de Lyon ainsi qu’à Annecy le piano, l’alto, la composition ainsi que l’harmonie. Il est ensuite passionné pour la composition, en particulier pour la musique contemporaine. Depuis, Léo étudie à Genève dans les classes de Michael Jarrell et Luis Naòn. Il s’intéresse fortement à la dimension sacré de la musique et s’investie dans la musique religieuse contemporaine.
NOTES SUR SA PIÈCE : « HIERUSALEM »
Le psaume 137 est souvent chanté en période de jeun ou en remémoration de temps incertains et troubles. En me restreignant aux mots les plus importants du psaume, Hierusalem et Babylonis, je me suis limité à l’essentiel. J’ai aussi essayé de verticaliser la dramaturgie du poème en superposant les différentes « cartographies » syllabiques que proposent ces deux villes antinomiques. En plus d’une recomposition des phonèmes et d’un travail sur les syllabes dans l’ensemble du psaume, la pièce repose sur la tension entre ces deux pôles contradictoires.

Ex-aequo Prix du Jeune Compositeur : NIGJI SANGES

Née à Kinshasa dans un environnement culturel éclectique, elle est marquée dès son plus jeune âge par de multiples voyages (Japon, Ethiopie, Colombie, Grèce…)qui l’ont imprégnée de leurs
musiques folkloriques et l’influenceront plus tard dans son écriture, notamment pour la musique de film, domaine pour lequel elle compose activement. Elle a été formée au CNSMD de Paris et de Lyon en écriture (Master), en composition (post-Master) et en orchestration (Prix supérieur, mention «très bien à l’unanimité»). Lauréate des Fondations Banque Populaire, Nadia et Lili Boulanger, Meyer et Tarrazi, elle remporte en 2013 le 1er Prix du Concours Musiques en Courts et est finaliste du Concours de la Fédération Franco-Européenne de l’Alto. Après plusieurs collaborations avec des orchestres tels que l’Orchestre des Pays de la Loire, l’Orchestre de Basse-Normandie, l’Orchestre de Cannes PACA, l’Orchestre Colonne, l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg,…, elle compose actuellement une pièce pour choeur d’enfants, voix ethniques, orchestre et images pour une commande de l’Orchestre d’Avignon Provence avec le concours de la SACEM.
NOTES SUR SA PIÈCE : « SUPER FLUMINA BABYLONIS »
Il était déterminant pour moi que l’auditeur se retrouve sur les rives du fleuve de Babylone au coeur de cette  foule chassée et opprimée. Le Psaume 137, «Super Flumina Babylonis» m’a rappelé que l’Histoire n’avait jamais suscité autant d’exilés qu’aujourd’hui. C’est ce qui m’a inspirée en tant que compositrice à mettre en valeur ces sentiments universels qui transparaissent dans ce texte lyrique.
La musique tente de porter cette palette d’affects profondément humains qui vont de la tristesse à la colère voire à la haine, en passant par la nostalgie, le déracinement, la contestation et la foi la plus fervente. Plus qu’une prière, c’est la formulation forte et presque crue d’émotions mêlées. Le premier thème figure les lamentations, le désespoir, les pleurs et le mouvement des eaux du fleuve. Cet élément aquatique, partie centrale du décor, irrigue toute la pièce.
Les périodes de silence permettent aux résonances de s’évanouir dans une acoustique d’église. Cette dernière provoque le tournoiement de certains passages musicaux dans l’espace. Des plaintes chantées en alternance par des groupes solistes et par l’ensemble du choeur jaillissent de toute part, un peu de manière théâtrale, comme pour refléter le fléau qui touche à la fois l’individu et un peuple tout entier.

Ex-aequo Prix du Jeune Compositeur : MATHIAS BERTHOD

Né en 1987, Mathias Berthod commence la musique par l’étude du piano. Puis, parallèlement des études scientifiques à l’Ecole Normale Supérieure de Cachan, il étudie d’abord au Conservatoire à Rayonnement Régional de Cergy-Pontoise de 2009 à 2014 où il obtient quatre médailles d’or : piano (classe de Dominique Kim), composition (classe de Denis Bosse), histoire de la musique (classe de Laetitia Chassain) et musique de chambre. En 2013, il intègre le département de musicologie du Conservatoire National de Musique et de Danse de Paris dans les classes d’esthétique (Christian Accaoui), d’analyse (Claude Ledoux) et d’acoustique musicale (Adrien Mamou-Mani). En avril 2014, il remporte le prix de la sélection du jury ainsi que le prix du public lors des treizième rencontres internationales de composition musicale de Cergy- Pontoise avec sa pièce « il y a » pour soprano et petit ensemble instrumental.
Actuellement, il continue son travail de composition avec la création en janvier prochain de son trio à cordes « VERTEX//HORIZON » par le trio Lenitas, en Suisse. Par ailleurs, il approfondit également ses études académiques par la préparation d’une thèse sur le thème de la transition énergétique à l’école d’économie de Paris.
NOTES SUR SA PIÈCE « ELÉGIE »
Véritable récit faisant acte de mémoire de l’exil des juifs, le psaume 137, d’une grande richesse narrative, explore différentes temporalités - le passé par le souvenir nostalgique de Sion, le présent par le refus de chanter face aux geôliers et le futur par la malédiction proférée à l’égard des tortionnaires – ainsi que différentes narrations - le peuple juif, le psalmiste. La forme et l’écriture de la pièce « une élégie » tente d’épouser ces qualités littéraires : par une distribution du texte parmi toutes les voix du choeur comme pour symboliser tout un peuple, par l’utilisation de solos et donc de narrations variées, par des références au passé lorsque par exemple la musique est mesurée à l’antique.
Mais « une élégie » est aussi une exploration des possibilités acoustiques de la voix : dans le passage central qui correspond au refus des juifs de chanter leur chants sacrés face à l’oppresseur, les chanteurs sont invités à parler, chuchoter, produire différents bruits avec leurs bouches.

Ex aequo Prix du Jeune Compositeur : JULIEN LE HERISSIER

Né à Auch en 1982, Julien Le Hérissier est diplômé en piano au Conservatoire de ;Toulouse, en Accompagnement au Conservatoire de Rueil Malmaison, en Ecriture et Analyse au  conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où il fréquente les classes de Thierry Escaich et Marc-André Dalbavie Passionné par l’art lyrique et la voix en général, il crée en janvier 2012 son diptyque opéra Assassines sur des textes de René de Obaldia et Guy Foissy, puis en février 2014 di maggio, pour soprano, baryton, chœur et orchestre est créé par le choeur Per Cantum sur des textes originaux de Giorgio Fichera. Il compose également deux opéras pour enfants pour les classes à horaire aménagé musique du Conservatoire à Rayonnement départemental de Mantes en Yvelines, où il est également professeur d’Accompagnement et Chef de Chant. Parmi ses projets, la création en 2016 d’un cycle pour ténor, piano et harpe sull’arte del Getzemani sur des poèmes de Giorgio Fichera, et l’enregistrement de la Romance pour harpe et basse électrique.
NOTES SUR SA PIÈCE : « SUPER FLUMINA BABYLONIS »
Comment chanter en choeur que l’on ne veut plus chanter ? Par ce paradoxe, le Psaume 137 ouvre grand la voie à la musique intérieure des âmes en peine. L’univers sonore que je propose dans Super Flumina Babylonis colore la progression des sentiments collectifs du peuple opprimé par les effets de vibration des voix, les dissonances et les consonances, l’apparition d’un ou plusieurs solistes, la dilution ou l’affirmation du rythme.
La triste mélancolie initiale fait peu à peu place à un désir de vengeance violent qui ne peut plus être de l’ordre du chant, mais du parlé et du cri. Et cette violence une fois exprimée, j’ai souhaité montrer par le retour du chant sans parole, que la tristesse serait toujours présente… jusqu’au pardon du moins.

Le chef de chœur

Léo Warynski se forme à la direction d’orchestre auprès de François-Xavier Roth au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMDP), ainsi qu’auprès de Pierre Cao (Arsys Bourgogne).
Il est rapidement invité à travailler avec plusieurs ensembles, comme l’orchestre des Lauréats du CNSMDP, l’ensemble Remix, l’ensemble Modern, l’orchestre de la WDR Cologne, Les Frivolités parisiennes ou le choeur Accentus. Chef polyvalent, il a dirigé notamment la reprise de Ring Saga (L’Anneau du Nibelung de Richard Wagner, dans la version de Jonathan Dove et Graham Vick) au Teatro Valli de Reggio Emilia avec l’ensemble Remix, le choeur Accentus dans Pélléas et Mélisande à l’Opéra Comique, ainsi que les créations d’Aliados, opéra de Sebastian Rivas, et de Mitsou, opéra de Claire-Mélanie Sinnhuber, au festival Musica de Strasbourg. En septembre 2014, il est nommé directeur musical de l’ensemble Multilatérale. Chanteur dès son enfance à la maîtrise de garçons de Colmar, il est fondateur et directeur musical de l’ensemble vocal Les Métaboles.

Le chœur

Créé en 2010 sous l’impulsion de Léo Warynski, l’ensemble vocal Les Métaboles réuni de jeunes chanteurs professionnels investis dans le répertoire pour choeur a cappella et avec ensemble.
Les Métaboles ont déjà embrassé un large répertoire et se sont fait remarquer lors de concerts à Paris et en région, dans des projets variés et prestigieux. L’ensemble a déjà collaboré avec l’orchestre philharmonique de Radio France, le London symphony orchestra, l’orchestre Les Siècles ou l’ensemble Hemiolia. L’ensemble a été notamment l’invité des festivals Musicancy, des Semaines musicales de Quimper, des Musicales de Normandie, des Estivales Musicales à Paris, de la saison musicale de Royaumont et du festival de musique ancienne de Ribeauvillé. Mécénat musical Société Générale est mécène de l’ensemble vocal Les Métaboles. L’ensemble vocal Les Métaboles est membre de la FEVIS.

Remonter